Pourquoi il faut arrêter de manger de la sauce soja sucrée
La sauce soja sucrée est une création culinaire récente, principalement destinée au marché français. Sa consommation n'est pourtant pas sans danger pour la santé.


Plutôt sauce soja salée ou sucrée ? Cette question, en apparence anodine, n'est pourtant pas sans conséquence sur la saveur de vos sushis... mais également sur votre tour de taille et votre pression artérielle ! En effet, la sauce soja sucrée est loin d'être recommandée pour ses qualités nutritionnelles. Pire : il s'agit de l'un des condiments les plus sucrés disponibles en grande surface.
Une sauce soja franco-française
La sauce soja sucrée n'a pas toujours été mise au ban des recommandations nutritionnelles. Simplement car, contrairement à la sauce soja salée millénaire, la sauce soja sucrée est une invention récente, créée pour satisfaire les becs sucrés européens et américains. En effet, contrairement aux palais japonais, et plus généralement asiatiques, la plupart des Français apprécient bien moins la touche salée de la sauce soja originale. C'est pourquoi la marque Kikkoman, leader du marché mondial de la sauce soja, a lancé en 2007 un pendant sucré de son produit à destination du marché français.
Comme le rappelle Le Parisien dans une vidéo consacrée à ce sujet, l'existence d'une sauce soja sucrée est même largement ignorée au-delà des frontières de l'Hexagone, et notamment au Japon. Et pour cause : au Pays du Soleil-Levant, la sauce soja se doit d'être la moins forte en goût possible, pour laisser la part belle aux saveurs des aliments, en particulier du poisson des sushis.
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Trois morceaux de sucre pour 20 ml
Mais outre cette question de différence de saveur, la sauce soja sucrée est également décriée pour ses valeurs nutritionnelles. L'analyse de l'étiquette de la sauce soja sucrée de la marque Kikkoman permet d'ailleurs de se faire une idée du taux de sucre du condiment : 36 % de sauce soja pour 36 % de sucre.
Plus précisément, la table de composition nutritionnelle du Ciqual indique que la sauce soja sucrée contient en moyenne 39,5 g de sucre pour 100 g de sauce. Soit près du double de la quantité de sucre contenue dans le ketchup (20,8 g pour 100 g), pourtant réputé pour sa haute teneur en sucre. Une portion de 20 ml de cette sauce, soit à peine deux cuillères à soupe, contient l'équivalent de trois morceaux de sucre.
Les dangers du sucré-salé
La teneur en sucre de la sauce soja sucrée est d'autant plus inquiétante lorsqu'elle est comparée à celle de la sauce soja salée, qui contient "seulement" 1,37 g de sucre pour 100 g, d'après le Ciqual. Mais la sauce soja sucrée partage aussi avec son alter ego salé un taux de sodium non négligeable. Comptez en moyenne 6,9 g de sel pour 100 g de sauce sucrée, soit largement plus que les apports journaliers recommandés fixés à 5g par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Le principal problème de la sauce soja sucrée réside dans cette association entre le sel et le sucre. Les autorités sanitaires alertent régulièrement sur les risques de cette combinaison, particulièrement néfastes pour la pression artérielle et la santé cardiovasculaire en général. Non seulement cette association crée un effet addictif
mais la réponse insulinique provoquée par le sucre rapide, combinée à la rétention d'eau induite par le sel, crée également un terrain propice au développement du syndrome métabolique.
Dans une étude publiée en 2016 dans la revue Cell Metabolism, une équipe de chercheurs français avait montré une corrélation entre la diminution de consommation d'aliments sucrés-salés et la prévention du diabète de type 2. Sans oublier que le riz utilisé pour les préparations culinaires japonaises est lui aussi riche en sucres. Sans même que vous vous en rendiez compte, votre plateau de sushis risque donc de vous apporter plus de glucides qu'un cookie ou qu'un brownie, au détriment de votre santé.