Jambon, cosmétiques, sous-vêtements... des nanoparticules retrouvées dans 20 produits du quotidien
Des nanoparticules parfois dangereuses pour la santé seraient présentes dans de nombreux produits du quotidien, sans que leur présence soit mentionnée sur les étiquettes, révèle une nouvelle enquête.

Quel est le point commun entre du jambon Aoste, des boxers Uniqlo et une brosse à dents Signal ? Tous contiennent des nanoparticules. C'est ce que révèle l’association Avicenn (association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanosciences et nanotechnologies) dans une enquête intitulée "En quête de nanos dans les produits du quotidien" publiée le 15 décembre. Selon ses résultats, 20 produits du quotidien testés sur 23 contiennent des nanoparticules. Problème : la présence de nanoparticules, parfois non autorisées en France, n'est pas mentionnée sur l'étiquetage des produits.
Du dioxyde de titane dans 10 produits
Pour réaliser son enquête, l’association a envoyé 23 produits de "consommations courantes" (alimentaires, cosmétiques, textiles, hygiène, peinture) au Laboratoire National de Métrologie et d’Essai (LNE).
Les tests ont mis évidence la présence dioxyde de titane dans 10 produits, par exemple dans les sticks à lèvres Labello, des poudres visage L'Oreal, ou les boxers Uniqlo. Des nanoparticules d’argent ont aussi été observées dans une brosse à dents Signal.
Ensuite, six produits contenaient des nanoparticules de silice notamment le jambon Aoste et les masques FFP2 de la marque Next BW. Enfin, le
laboratoire a révélé la présence de nanoparticules d’oxyde de fer dans la crème visage Nivea et dans un
médicament anticoagulant, le Xarelto.
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Un risque pour la santé à long terme ?
Comment expliquer la présence de ces nanoparticules ? L’industrie les utilise régulièrement pour améliorer l’aspect (couleur ou texture) des produits.
Or plusieurs études ont déjà montré que certaines nanoparticules étaient cancérigènes ou risquaient d'affecter la fertilité ou le fonctionnement du système nerveux. Par exemple le dioxyde
de titane, classé comme cancérigène probable, est déjà interdit dans les produits alimentaires en France.
Néanmoins, l’association cherche à rassurer les consommateurs : "Il n'y a pas de risque aigu en cas de consommation d'un ou plusieurs produits de la liste à court terme" révèle Mathilde Detcheverry, membre de l’association Avicenn, à franceinfo. En revanche l’exposition chronique et cumulée pourrait être dangereuse selon des études scientifiques. Les effets des nanoparticules varient aussi relativement à la quantité ingérée.
Un étiquetage "éminemment défaillant"
L’association se dit par ailleurs "surprise de la forte
proportion" de nanos dans certains produits. La poudre l’Oréal notamment, est arrivée "en tête de la liste". Cependant "dans certains produits, les
nanos ont été détectés en proportion bien plus faible" écrit l’association.
Par exemple la peinture dépolluante Ondi Pur Velours Zoplan en contenait peu.
"Les résultats montrent à quel point l’étiquetage
(nano) est éminemment défaillant" déclare Avicenn. Elle appelle à l’extension
de l’obligation de cet étiquetage spécifique sur
les produits qui en contiennent. En outre, l’association conclut son rapport par
trois recommandations : "améliorer les connaissances sur les
nanomatériaux commercialisés", "accroitre la transparence" et "développer la vigilance avec la mise en place d’une obligation
généralisée d’évaluation du rapport bénéfices/risques".
